Dans une étude, la qualité des résultats commence bien avant l’analyse des réponses.
Candice François, cofondatrice d’Igonogo, est intervenue autour d’un thème central pour les professionnels de l’analyse sensorielle :
l’engagement des répondants, ce que les neurosciences nous apprennent et comment en tirer parti.
Comment maintenir la motivation des participants tout au long d’un test ? Comment repérer les profils peu fiables ? Comment garantir des données vraiment exploitables ?
Dans un contexte où les répondants sont de plus en plus sollicités, l’expérience proposée pendant une étude devient déterminante. Un questionnaire trop long, trop complexe ou peu engageant peut rapidement faire baisser l’attention. Lorsque l’attention diminue, la qualité de la donnée peut être directement impactée.
Répondre à une enquête n’est pas un acte neutre pour le cerveau. Pour chaque question, le répondant doit comprendre ce qui lui est demandé, récupérer l’information en mémoire, former une évaluation puis traduire cette perception en réponse. À chacune de ces étapes, l’engagement peut basculer.
Si la charge cognitive devient trop forte, le cerveau cherche naturellement à économiser ses ressources. Il peut alors choisir une réponse “suffisamment acceptable” pour passer à la suite sans que cela relève d’un manque de sérieux ou de mauvaise volonté.

Dans l’univers sensoriel, ce sujet est d’autant plus important. Goût, odeur, texture, perception, plaisir, rejet ou préférence, les ressentis sont parfois difficiles à verbaliser avec précision.
Un répondant peut avoir du mal à exprimer ce qu’il ressent, à distinguer deux formulations proches, ou à traduire une perception fine sur une échelle classique. Certains biais peuvent alors apparaître comme par exemple la tendance à recentrer ses réponses, la difficulté à discriminer les produits, la désirabilité sociale ou encore la sur-déclaration de certaines intentions.
Ces mécanismes peuvent avoir un impact direct sur les résultats. Deux produits peuvent sembler proches dans les scores alors qu’ils ne provoquent pas la même réaction. Une intention d’achat peut être surestimée. Un potentiel peut, au contraire, rester invisible dans les réponses déclarées.
C’est pourquoi un questionnaire complété n’est pas toujours un questionnaire bien répondu. La qualité d’une donnée ne dépend pas seulement du nombre de réponses collectées, mais aussi de la manière dont elles ont été produites.
Lors de son intervention, Candice François a partagé la manière dont Igonogo aborde ces enjeux : en complétant les réponses déclarées par des signaux implicites captés pendant l’expérience de réponse.
L’objectif n’est pas de remplacer les méthodes existantes, mais de les enrichir. En combinant ce que les répondants déclarent avec ce que leur comportement révèle, il devient possible de mieux comprendre leur ressenti et de prendre des décisions plus solides.
Merci à la Société Française d'Analyse Sensorielle pour cette invitation autour de l’évolution des études sensorielles.